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Décryptage du Baromètre Numérique 2026

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Décryptage du Baromètre Numérique 2026

Publiée le 9 février 2026, la nouvelle édition du Baromètre du Numérique s'inscrit dans la continuité des tendances observées l'année précédente. Réalisée par le CREDOC et pilotée conjointement par l'Arcep, l'Arcom, le CGE et l'ANCT depuis l'an 2000, cette étude annuelle offre une vue d'ensemble sur les pratiques numériques des Françaises et Français.

Cette édition 2026 est fortement marquée par la croissance des usages de l'IA, passant d'une innovation de niche à un usage de masse. Cette présence nouvelle de l'IA dans nos habitudes soulève également des problématiques environnementales et d'inclusion numérique.

Les grand·es oublié·es de la transition numérique : un constat persistant

40% des Françaises et Français rencontrent toujours des freins pour utiliser le numérique dans leur quotidien. Le premier frein invoqué concerne le manque de maîtrise des outils numériques.

Si 60% des personnes interrogées se sentent compétentes dans au moins trois des quatre domaines proposés (bureautique, démarches administratives, plateformes numériques, IA générative), 12% ne s'estiment compétentes sur aucun des quatre domaines. Face à ces difficultés, des initiatives individuelles émergent pour combler ces écarts : 57% des Français·es ont déjà accompagné des proches dans leurs usages numériques.

Des freins multiples et cumulatifs

Cette fracture numérique ne se limite pas à une question de compétences : elle est aussi matérielle. Les autres freins majeurs concernent le manque d'accès à des équipements numériques adéquats et au réseau internet.

Une fracture aussi sociale que matérielle

Les inégalités sociales se cumulent : les personnes à risque d'exclusion sociale sont aussi à risque d'exclusion numérique. Seulement 35% des non-diplômé·es voient leur vie quotidienne facilitée par le numérique, contre 73% pour les diplômé·es du supérieur. Ces différences d'usages s'expliquent en partie par le rapport professionnel à l'outil : 72% des cadres utilisaient un ordinateur portable contre seulement 11% des employé·es de commerce et 5% des ouvrier·ères non qualifié·es en 2019. Une personne pour qui l'ordinateur n'est pas une nécessité professionnelle sera moins encline à l'utiliser dans son quotidien.

IA Générative : une révolution sous haute tension

En France, l'adoption de l'IA générative a connu une accélération sans précédent. En 2025, 48% des Françaises et Français utilisent l'IA générative, soit une progression de 28 points de pourcentage par rapport à 2023.

Une adoption massive, mais inégale

Cette adoption reflète des disparités marquées : si les jeunes (85%) et les cadres (78%) sont en tête, les ouvriers et retraités affichent un retard significatif. Trois facteurs expliquent ces écarts : le manque de compétences (seulement 41% des Français·es estiment maîtriser l'IA générative), l'utilité perçue (étudiant·es et cadres y trouvent un gain immédiat, tandis que d'autres n'y voient pas d'intérêt concret), et l'accès inégal aux équipements, à la connexion et à l'accessibilité pour les personnes en situation de handicap.

Des usages concentrés et une souveraineté numérique fragilisée

L'IA est utilisée principalement comme outil de recherche d'information, loin devant la rédaction de texte ou la traduction. ChatGPT s'impose comme la solution la plus adoptée (80% des utilisateur·rices d'IA générative), suivi de Gemini (31%). Le Chat de Mistral, solution française, n'arrive qu'en troisième position avec 14% d'usager·ères.

Une telle concentration autour d'outils extra-européens pose un défi majeur pour la souveraineté numérique de la France. Dans ce contexte, comment garantir la diversité des sources et la fiabilité des modèles, quand ceux-ci sont principalement conçus hors d'Europe ? D'autant que l'IA, sujette aux hallucinations, peut amplifier les risques de désinformation et créer des asymétries informationnelles, notamment sur des sujets politiques.

Le recul environnemental du numérique

Après une baisse du nombre d'équipements numériques par individu — de 10,3 à 9,6 entre 2023 et 2024 — ce chiffre est reparti à la hausse en 2025, atteignant 11,2 équipements en moyenne par individu.

Ce recul de la sobriété numérique s'inscrit dans un contexte global de recul des préoccupations environnementales et d'une appétence limitée à payer pour un numérique plus responsable. Lorsque les Français·es se tournent vers des produits d'occasion, le choix est avant tout économique plutôt qu'écologique : la part des smartphones achetés d'occasion stagne à 20% depuis plusieurs années.

Même si 38% des Français·es déclarent avoir réparé un appareil au cours des trois dernières années, ces réparations progressent principalement pour protéger le pouvoir d'achat face à l'inflation. Seulement un quart des répondant·es déclarent avoir réparé leur matériel pour limiter l'impact environnemental d'un nouvel équipement.

Conclusion : une dualité saisissante

L'édition 2026 du Baromètre du Numérique dresse un tableau en deux vitesses : d'un côté, l'adoption croissante de l'IA générative, concentrée sur des publics jeunes, éduqués et connectés ; de l'autre, l'immobilisme des indicateurs de sobriété environnementale et d'inclusion numérique.

L'intégration accélérée de l'IA dans le quotidien risque d'aggraver la fracture numérique : entre une France qui maîtrise ces outils et une autre qui les subit. Pourtant, l'innovation n'a de sens que si elle est inclusive, sans laisser personne sur le bord du chemin.

De même, l'urgence écologique du numérique ne peut plus être ignorée. Les usages actuels, peu vertueux, montrent la nécessité d'une approche collective : sensibilisation, régulation et politiques publiques ambitieuses pour ancrer la sobriété numérique dans les pratiques de demain. Car les choix individuels, souvent limités par des contraintes économiques, ne suffiront pas.

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